
24H00 : esprit de groupe, esprit d'équipe. La compétition, c'est contre soi-même
Le départ est prévu à 15 heures ce samedi 16/08, l'arrivée à la même heure le lendemain. Nous arrivons Alain et moi vers 13 heures 30, récupérons les dossards et assistons au briefing. Je pique ma tente en bord du circuit, pas pour y dormir, non, mais pour y mettre toutes nos affaires perso (changes notamment). Je rencontre quelques coureurs connus l'année dernière à SENE dont Jean-Yves. Nous nous préparons. Attention à ne rien oublier : crème notamment pour éviter les échauffements. Nous sommes 61 individuels sur la ligne de départ, plus une petite quinzaine des équipiers relais. Le ciel est couvert mais il ne pleut pas.
Nous sommes tous derrière la ligne de départ, à se demander ce qu'on fait là ! Partir pour 24h00 à tourner en rond sur un circuit de 2km, on se pose quelques questions. On part pour 24h00 de course, sans dormir (normalement). Pas mal de spectateurs, plusieurs raisons à cela : départ l'après-midi, présence d'équipiers relais, et puis un temps à ne pas aller à la plage. Le départ est donc donné à 15h00, c'est parti. Personnellement je pense courir à 8,5km/h avec arrêts au ravitaillement à chaque tour. Attention à l'alimentation, il faut boire, mais pas trop, il faut grignoter mais pas trop non plus. Je parviens à maintenir ce rythme même si je suis plus souvent à 9km/h. Alain part un peu plus vite, en fin de journée, il aura déjà 6 km d'avance sur moi. Je suis avec Jean-Yves, je connais son allure et sa stratégie et elle me convient. A 20h30 je m'alimente avec une purée jambon. Je change mon short pour un bermuda, nous avons eu deux ou trois averses soutenues, tout çà avec un vent plutôt fort mais nous sommes quand même bien abrités sur ce circuit. La nuit tombe doucement, en même temps que les projecteurs illuminent le tour du lac, ambiance sympa. Mais les jambes sont déjà dures. Je ne sais pas trop où j'en suis, je n'ai pas de montre au poignet, je l'ai volontairement laissée dans mon sac, je me fie donc au compte à rebours situé sur la ligne d'arrivée. Maintenant je suis avec Alain assez souvent, même s'il a ses tours d'avance. Par contre, j'ai perdu Jean-Yves, en fait il est allé se reposer une heure dans son camping car, il était “cuit”. La nuit est plutôt fraîche mais il ne pleut pas, çà parle beaucoup moins, la musique s'est tue, seul un groupe de jeunes spectateurs bien “chaud” fait la hola au passage de chaque coureur, ce groupe est resté là plusieurs heures jusqu'au petit matin pratiquement. J'ai mal partout, les jambes bien sur, mais aussi la nuque, les hanches. Je sais que je viens de passer les 100km au bout d'environ 13 heures de course. Je m'arrête une seconde fois pour manger un repas à 06h30, je prends des pâtes, je reste une vingtaine de minutes assis et je repars. Enfin, j'essaie de repartir, impossible de trottiner, je ne comprends pas ce qui se passe, je me dit que c'est fini, que je vais être contraint de marcher jusqu'à la fin, et la fin c'est dans 8 heures ! J'ai froid, il y a moins de monde sur le circuit, certains dorment dans le barnum équipé de lits, une envie de les rejoindre, finalement y'a plus de place et c'est aussi bien, je continue donc à marcher, je n'en peux plus, j'ai envie d'arrêter. Mais je ne m'affole pas, je marche, un tour, puis deux. Et, sans savoir pourquoi, je sens un retour de forme, je repars à courir, je passe même Alain qui lui va de moins en moins bien notamment en fin de matinée. Je trottine en faisant des poses, mais j'avance, je me surprends même à faire des tour complets sans arrêt. Après midi j'avance toujours, je sais que je ne vais pas tarder à passer les 150km ce qui était un peu mon but. Les deux dernières heures je les fait avec Alain qui ne peut que marcher tant il a des douleurs aux jambes et semble-t-il aux adducteurs. Nous sommes au même nombre de tour, nous décidons de terminer ensemble, le dernier tour arrive, on passe cote à cote sous l'arche, en courant s'il vous plaît, mais il reste encore deux ou trois minutes, on continue en marchant, on voulait s'arrêter mais nos supporters (Patricia mon épouse, l'épouse et les enfants d'Alain ainsi que son frère Michel, et Erwan un copain) nous “portent” pour nous faire aller le plus loin possible. Et pan ! Il est 15h00, on s'arrête près d'un commissaire, on lui remet nos dossards : le 14 et le 15. On se dit qu'on a dû faire entre 156 et 158, la vérité est sur le tableau des arrivées : 157,124 km, nous sommes 19ème.
Mais un 24h ne s'arrête pas là. Attention aux heures qui suivent, c'est important pour une bonne récupération : du repos bien sûr, mais encore et toujours une alimentation saine. Pour ce qui me concerne, j'ai gardé ces courbatures aux jambes deux ou trois jours, j'étais « apte » au footing après une petite semaine, mais... cool...
Photo des 24h de SENE les 5 et 6 mai 2007 :
Photo des 24h de PLOUVORN les 16 et 17 août 2008 :